Introduite et développée par Mason, en 1969, cette
intervention associe une
réduction de la capacité gastrique et une petite
malabsorption. Comme le cerclage gastrique, le by-pass
gastrique conduit à la création d'un "petit estomac" d'où la
sensation précoce de satiété et une réduction du volume des
repas.
Les aliments passent directement dans
l'intestin en court-circuitant non seulement la grande
partie de l'estomac (d'où le nom de l'intervention) mais
également le duodénum et le jéjunum proximal.
Très en vogue aux Etats-Unis, cette intervention est très
délicate, notamment par coelioscopie et le risque opératoire
est plus élevé que celui des gastroplastiés par anneau ou
agrafage. Elle induit une perte de poids plus rapide et
plus importante qui s'explique par
trois mécanismes : une restriction alimentaire liée à la
petite
poche gastrique et au passage très rapide des aliments dans
l'intestin, une malabsorption intestinale dont le degré est
fonction
de la longueur du jéjunum exclu et un dumping syndrome
(malaise avec tachycardie) qui entraîne une réaction
d'aversion envers les aliments sucrés.
Deux ans plus
tard, la perte pondérale moyenne est de plus de 70 % de
l'excès de
poids initial et le taux de succès de l'intervention (perte
supérieure à 50 % de l'excès de poids initial) est de 90 %
en cas d'obésité morbide (BMI supérieur à 50). Un petit
regain de poids
peut être observé au-delà de la deuxième année mais dans la
grande
majorité des cas, la perte de poids obtenue se maintient
avec le
temps.
Un autre avantage important est le confort
alimentaire. En effet, le by-pass
gastrique est nettement moins contraignant que les méthodes
restrictives. Les patients peuvent manger de tout mais
en petite quantité comme après une gastrectomie totale et il
n'y a habituellement pas de diahrée, de vomissements ou
d'oesophagite par
reflux. Le dumping syndrome est le seul inconvénient
fonctionnel de cette technique mais, d'une part, il est
inconstant et, d'autre part, il peut être contrôlé par une
alimentation pauvre en glucides et de plus, dans la majorité
des cas, il s'amende avec les années. Les conseils
concernant le cerclage restent donc valables et les mêmes
qu'avec l'anneau gastrique, en sachant que le court-circuit
gastro-iléal élève les risques de carence :
en
fer, avec son risque d'asthénie, d'anémie et de réduction
des capacités de mémorisation
en calcium, avec son risque d'ostéoporose et de
fragilité du squelette
en zinc,source de fatigue, de sensibilité aux infections
et de perte de cheveux
en vitamine B1 avec son
risque de dysfonctionnement nerveux et cardiaque
en vitamine B9 source d'asthénie et de dérèglement
cellulaire particulièrement grave en cas de grossesse
en vitamine B12 source de lésions buccales, d'anémie et de
troubles nerveux.
Pour éviter les carences, le patient devra
privilégier les aliments riches en chacun des éléments
nutritifs.